© Manuel Rispal 3, Laslaudie, 15130 YTRAC | 06.71.34.40.99 | manuel.rispal@orange.fr | manuel.rispal@livres-resistance.fr

8 mai 2020. – Cécile Rol-Tanguy est décédée à 101 ans

09/05/2020

8 mai 2020. – Cécile Rol-Tanguy, née Le Bihan, est décédée à 101 ans

Née le 10 avril 1919 à Royan (Charente-Maritime), Cécile Roi-Tanguy est décédée, le 8 mai 2020, à l’âge de 101 ans, à Monteux (Loir-et-Cher).

Nous l’avons interviewé, en mars 2008, pour le journal La Montagne, avant une conférence qu’elle a donnée, le 20 mars 2008, devant des élèves de quatrième du collège Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand.

 

Cécile Roi-Tanguy a partagé avec le célèbre colonel FFI Henri Rol-Tanguy, un des libérateurs de Paris, la clandestinité communiste. Cette résistante s’est mariée, en 1939, avec Henri Tanguy, qui apposa, le 25 août 1944, la signature Rol-Tanguy sur la convention de capitulation de von Choltitz, commandant allemand de Paris.

M. R. – Le colonel Henri Rol-Tanguy, un des rares compagnons de la Libération communistes, décédé en 2002, était un antifasciste engagé dans les Brigades internationales en Espagne, en 1937-1938. À 89 ans, vous poursuivez son combat ?

C. R.-T. – «  Il avait onze ans de plus que moi. En 1939, il avait déjà l'expérience de la lutte, au syndicat CGT des ouvriers métallurgistes en région parisienne, et celle de la guerre d'Espagne.

Il y avait été blessé d'une balle dans le thorax sur le front de l'Ebre, le 18 juin 1938. J'avais été sa marraine de guerre et je suis devenue son épouse, en avril 1939. En septembre, Henri a été mobilisé.

Il m'a dit : « N'oublie pas, ce qui compte, c'est la lutte antifasciste avant tout ».

Quand il a été démobilisé, en août 1940, grâce à moi, il a pu retrouver les camarades du syndicat des Métaux.

Après les arrestations de militants communistes, il est entré dans la clandestinité, mais je l'ai toujours secondé. Mon père, François Le Bihan, était communiste. Il a été arrêté en 1941, puis interné un an à Compiègne, d'où il a été déporté pour Auschwitz, où il est mort, en septembre 1942 ».

[François Le Bihan est né le 11 janvier 1893 à Bannelec (Finistère). Il est déporté, le 6 juillet 1942, de Compiègne (Oise), par le transport I.42 (nomenclature FMD), en direction d’Auschwitz (Pologne), où il est mort en déportation, le 19 septembre 1942.]

M. R. – Mariés, vous étiez repérables ?

C. R.-T. – « À partir de 1943, ma mère vivait avec nous, à Antony, dans un pavillon.

J'avais une petite fille. On disait aux voisins que mon mari était en déplacement.

Il a dû jongler avec des faux papiers et divers pseudos. Je n'en ai pas eu besoin. Des camarades clandestins avaient été raflés chez eux, dans des chambres de bonne. La police avait trouvé la faille. Finalement, nous paraissions un couple normal ».

M. R. – Parmi les pseudonymes utilisés par votre mari - Louis, Morel, Prat, Gay, Imbert, Nordal - deux lui étaient chers.

C. R.-T. – « Oui. Théo et Rol. Théophile Rol (1912-1938) était un syndicaliste des Métaux, engagé dans les Brigades internationales. Il est mort, durant l'été 1938, dans les combats de l'Èbre, à la sierra de Caballs, alors qu'il commandait le bataillon "Commune de Paris" ».

« En hommage à ce camarade, mon mari s'est fait d'abord appeler Théo et, à la libération de Paris, Rol. Il a contresigné la reddition allemande d'un Rol-Tanguy. À partir de la Libération, des camarades qui ne le connaissaient que sous un pseudo ont su qui il était. À la mort, en juin 1940, à sept mois, de Françoise, ma première fille, le nom de code si nous étions séparés était "la petite Françoise" ».

Pour l'associer à notre combat. Je souhaite que l'on n'oublie pas mon mari et notre combat ».

Manuel Rispal.

© Manuel Rispal. Mis en ligne le 9 mai 2020.