© Manuel Rispal 3, Laslaudie, 15130 YTRAC | 06.71.34.40.99 | manuel.rispal@orange.fr | manuel.rispal@livres-resistance.fr

Mercredi 8 avril 2020. – Cloisonnement durant la Résistance et confinement lors de la pandémie Covid-19

06/11/2020 au 31/12/2021

Cloisonnement et confinement

Le texte suivant a été écrit les 8 et 12 avril 2020, au début des mesures de confinement liées à la pandémie de la Covid-19. Après le déconfinement du 11 mai 2020, nous en maintenons la mise en ligne, car les règles de prudence restent valables.

Prenez soin de vous.

Manuel Rispal, le 13 mai 2020.

Le respect des règles de sécurité par rapport au confinement est primordial dans la période de pandémie du coronavirus, qui place des générations de citoyens français et du monde dans une période de guerre sanitaire.

Que s’est-il passé, durant la Seconde Guerre mondiale, qui puisse nous servir d’expérience pour redoubler de vigilance dans la période actuelle ?

Tout d’abord, les réseaux de Résistance. Afin de se protéger par rapport à l’ennemi (les polices, gendarmeries et milices nazies, fascistes, franquistes, collaborationnistes et de la Kenpeitai japonaise), les résistants devaient observer des règles de cloisonnement très strictes, notamment pour les réseaux de renseignements, qui étaient efficaces dans la mesure où ils étaient proches du « virus », pour ne pas dire dans la gueule du loup, pour en tirer les renseignements les plus sensibles permettant de donner les alertes en cas de danger.

La circulation entre un agent résistant exposé au contact avec le « virus » et des agents du réseau d’action s’effectuait par un agent de liaison.

Dans le cas d’un recrutement d’un agent résistant, après des précautions d’usage, celui-ci pouvait être présenté à des responsables par le biais d’un contact avec un agent de liaison. Le cloisonnement théorique se doublait de l’attribution d’un pseudonyme qui était censé cacher la véritable identité.

Certains réseaux ou mouvements ont utilisé le cloisonnement en triangle. Le chef de groupe connaît les deux autres membres du triangle, mais il est le seul à communiquer avec l’échelon supérieur.

L’histoire tragique des arrestations abonde de cas où les règles de sécurité par rapport au cloisonnement n’ont pas été respectées.

Pour entrer dans un maquis, là aussi, il fallait avoir un contact, généralement chez un sédentaire, et donner un mot de passe (censé assurer le cloisonnement). Le sédentaire devait être prudent, pas fanfaron, pas trop consommateur d'alcool, discret au possible, méfiant. C’était aussi important pour lui-même que pour le maquis avec lequel il était en contact, par le biais, là aussi, d’un agent de liaison.

Le manque de vigilance a été tragique dans des cas où des agents du « virus » ont réussi à confondre le sédentaire, ou à pénétrer au sein du maquis.

Pourquoi des candidats au maquis (notamment des réfractaires au STO) d’un département sont-ils allés dans un maquis dans un autre département ? Les raisons peuvent être multiples : penser être plus en sécurité en montagne qu’en plaine, dans la campagne plutôt qu’en ville, mieux nourri que dans les zones urbaines où le rationnement est strict alors que, dans des zones rurales, l’agriculture autarcique était développée et permettait une alimentation hors ticket de rationnement.

Prenons deux jeunes nés en 1922 dans une même commune. Ils se connaissent depuis l’école, ont pu être au même chantier de la jeunesse. S’ils sont réfractaires au STO et qu’ils se retrouvent dans le même maquis, l’utilisation du pseudo ne sert à rien car ils connaissent leur identité respective. De plus, leurs mères se retrouvant au marché risquent de donner des nouvelles de l’un ou de l’autre devant des oreilles indiscrètes.

Il était donc préférable de se délocaliser. Et tant pis pour les fans d’histoire locale qui ne feront pas attention aux récits de Résistance qui se passent hors de leur territoire chéri.

 A présent, en exemple de respect des consignes de sécurité sanitaire, examinons un des plus grands drames qui s’est passé lors d’un convoi de déportés, celui du Train de la mort, entre Compiègne (Oise) et Dachau (Allemagne), entre le 2 et le 5 juillet 1944.

En raison d’une canicule qui a sévi les 2 et 3 juillet, jusqu’à ce qu’un orage fasse chuter la température, en raison également du fait que les convoyeurs nazis du SD (Sicherheitsdienst, service de sécurité) allemand ont refusé d’ouvrir les portes des wagons lors des nombreux arrêts, en plein soleil, entre Compiègne et Revigny-sur-Ornain (Meuse), 520 déportés sont morts dans le train.

Dans le wagon métallique, celui où la température intérieure a été la plus élevée, un seul déporté sur 100 a survécu. Mais qu’est-ce qui explique que, dans d’autres wagons, il a été déploré 76 morts sur cent déportés, 75, 64, 60, 44, 17 morts ou moins, alors que certains autres wagons ont eu cent pour cent de survivants ?

L’enquête réalisée par Christian Bernadac et publiée dans Le Train de la mort fait ressortir que, dans certains de ces wagons n’ayant aucun décès à déplorer, un médecin ou un militaire a réussi à proposer, imposer ou faire respecter des consignes strictes de sécurité sanitaire : 50 déportés assis et 50 debout, en changeant toutes les heures, ou encore uriner dans un récipient et l’évacuer régulièrement pour éviter les effluves toxiques en raison de l’élévation extraordinaire de la température.

En conclusion, restez confinés, respectez les consignes de sécurité, utilisez vos entrées et vestibules comme sas de confinement pour toutes les denrées ou journaux entrant chez vous, pendant un temps le plus long possible et tant que vous n’en avez pas l’usage, compartimentez vos réfrigérateurs pour y insérer les produits frais sans contact avec ceux déjà stockés.

Nous vous souhaitons la meilleure santé possible.

© Manuel Rispal. Mis en ligne le 8 avril 2020, modifié les 12 avril et 13 mai 2020.