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Ils nous ont quittés en 2019

02/01/2020
Ils nous ont quittés en 2019

Robert Alart et Odette Céalis, liés à l'histoire de Billom et de sa région (Puy-de-Dôme, Auvergne-Rhône-Alpes, France, Europe, planète Terre).  

© Photos Manuel Rispal.

Robert Alart est décédé à Prades (Pyrénées-Orientales, France), le 23 janvier 2019. Né à Béziers (Hérault, France), le 2 mars 1921, il avait 97 ans.

En grande partie grâce à lui, nous avons pu reconstituer l’histoire la plus complète possible du maquis d’Isserteaux (Puy-de-Dôme, France), dépendant de l’Armée secrète du sous-arrondissement de Billom (Puy-de-Dôme).

En 2013, en prévision du 70e anniversaire des rafles de Billom, nous avons mené une enquête de terrain, notamment avec René Champion et Odette Céalis, de l’Adirp de Billom, pour essayer de reconstituer l’histoire de ce maquis d’Isserteaux, qui a eu plusieurs points de chute sur les communes de Fayet-le-Château, d’Isserteaux, de Manglieu, de Sugères, de Sallèdes et enfin de Roure de Brousse, près de Montboissier, où l’essentiel du maquis a été arrêté et déporté à Buchenwald (Allemagne).

Au départ, nous disposions d’éléments transmis par un des frères Meygret, de Lyon, dont deux frères étaient à ce maquis : Jacques et Jean, ce dernier étant le chef du maquis.

En remontant les parcours de chaque membre du maquis afin de publier Billom 1941-1943 (paru en décembre 2013 pour marquer le 60e anniversaire des rafles de Billom et de sa région), nous avons découvert que Robert Alart était toujours vivant. Nous avons pu entrer en contact avec lui grâce à Jean-Pierre Castillo, Pierre Chevalier, Georges Sentis et Quentin Alart, un de ses petits-fils.

Par ses engagements professionnels et politiques, Robert Alart était une personnalité connue et respectée en Languedoc-Roussillon, mais peu connue en Auvergne, où il a combattu au sein du maquis d’Isserteaux en vue de la libération de la France, avant d’être déporté à Buchenwald, Harzungen et Bergen-Belsen (Allemagne). Toutefois, la Billomoise Christiane Autherat, née Bathier, se souvenait de lui, au point de nous conduire près de l’endroit où elle et ses amies avaient découvert, en allant pêcher des écrevisses au moulin abandonné du Pian, au pied du pic Rayat, une groupe de jeunes hommes en armes qui ne demandaient pas mieux que d’avoir du ravitaillement en nourriture pour améliorer l’ordinaire de leur pitance.

Après la parution de Billom 1941-1943, nous avons rencontré Robert Alart, chez lui, à Prades, le 23 mars 2015. De cette rencontre, nous avons publié, dans La Libération désirée tome 2 Massif central, trois pages sur cette rencontre et sur son parcours, complémentaires de l’enquête sur le maquis d’Isserteaux contenue dans Billom 1941-1943.

Durant l’été 2019, une des filles de Robert Alart s’est rendue dans le Puy-de-Dôme en pèlerinage pour suivre les traces des lieux où son père a séjourné dans le maquis d’Isserteaux.

***

Odette Céalis est décédée en juin 2019 à Billom (Puy-de-Dôme, Auvergne-Rhône-Alpes, France, Europe, planète Terre). Nous la connaissions depuis décembre 2003, peu avant les cérémonies du cinquantième anniversaire de la rafle du 16 décembre 1943, au cours de laquelle son père, François Pradier, maire de la commune de Saint-Julien-de-Coppel, est arrêté par le SD (Siecherheitsdienst, service de sécurité) allemand, sous les yeux de la petite Odette, huit ans. Il fait partie des vingt fusillés du stand de tir du 92 à Clermont-Ferrand. Odette avait dû garder un bon souvenir de notre rencontre en 2003 car, le 10 mai 2013, elle nous téléphone: "Je suis devenue présidente de l'Adirp de Billom, association dont le but est de garder la mémoire des événements tragiques de Billom et de sa région en 1943 et 1944. Or, comme nouvelle présidente, nous ne disposons d'aucune archive, alors que les cérémonies du soixantième anniversaire des rafles se profilent pour les 16 et 20 décembre (2013). Pouvez-vous nous aider ?" Ce coup de téléphone a marqué un passage déterminant dans notre vie de retraité depuis 2010. Nous avons proposé à Odette et à son équipe de réaliser une exposition, un livre de cent pages et de donner une conférence pour ces cérémonies. 

Nous avons dû pour cela créer notre entreprise d'édition, dont le premier titre a été Billom 1941-1943. La participation d'Odette Céalis, de René Champion et de toute l'équipe a été déterminante pour assurer le succès de ces cérémonies. Odette a participé à de nombreuses enquêtes et son témoignage en hommage à son père a été un des plus émouvants. Odette Céalis, René Champion, Pierre Tasset (raflé à Saint-Maurice-ès-Allier, Puy-de-Dôme, le 12 décembre 1943 et déporté à Buchenwald par le convoi précédent de celui où était Robert Alart) ont effectué de multiples interventions dans les écoles, collèges et lycées. L'association de Billom regroupe à présent celle de Thiers. Odette Céalis a eu l'intelligence de comprendre que les crimes de guerre ont laissé des marques douloureuses qu'il ne fallait pas confiner dans un seul lieu, mais au contraire partager en s'ouvrant et en sensibilisant la jeunesse.

© Manuel Rispal. Mis en ligne le 2 janvier 2020, modifié le 6 janvier 2020.