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10 août 2019. – Les buis de la fontaine de Girgols (Cantal)

13/08/2019
10 août 2019. – Les buis de la fontaine de Girgols (Cantal)

10 août 2019. – Les buis de Girgols couvrent la fontaine, l'abreuvoir et le lavoir

En rentrant du salon du livre de Fontanges (Cantal, Auvergne-Rhône-Alpes, France, Europe, planète Terre), nous avons effectué un détour par Girgols (Cantal), village qui possède une église romane exceptionnelle dans sa pureté, non transformée après le retour des Croisés. Mais nous voulions observer si la pyrale du buis, chenille ravageuse qui a sévi l'an dernier dans le Cantal, n'avait pas trop affecté les buis qui couvrent la fontaine, l'abreuvoir et le lavoir.

Coup de chance, nous rencontrons Gilbert Auriacombe, qui possède la maison située juste au-dessus, et dont le jardin surplombe l'ensemble.

 « Les cinq buis poussent dans mon jardin. Ils n'ont pas été touchés par la pyrale. La commune a veillé à ce que les chenilles ne les attaquent  pas. Je les taille chaque année, comme le faisait autrefois ma mère, Franceline Auriacombe, née Lajarrige, aujourd'hui décédée, et, avant elle, mes grands-parents Jean Mary et Antoinette Lajarrige. » Ses grands-parents sont respectivement nés en 1901 et 1911, et tous deux décédés en 1988.

Les cinq buis sont d'une variété à croissance lente, à feuillage serré. Ils ont certainement plusieurs centaines d'années. « Je pense qu'ils datent de l'époque précédant la construction de la maison, estime Gilbert Auriacombe, car le tuyau de la source qui alimente la fontaine passe sous la maison et nous ne savons pas d'où vient la source. »

Ainsi, cet ensemble constitue un élément extraordinaire du patrimoine vernaculaire cantalien, une sorte de monument historique complémentaire, pour Girgols, de l'église romane. L'eau du tuyau de la fontaine, considérée comme non potable aujourd'hui, mais où les villageois venaient autrefois remplir leurs seaux, coule dans un premier bac en pierre surmonté de deux barres en fer pour poser le récipient.

Puis le trop-plein verse dans l'abreuvoir où les vaches buvaient avant de partir au pré et en en revenant. Après la basse (autre nom de l'abreuvoir), où l'eau reste fraîche grâce à la couverture du buis en demi-voûte, l'eau est récupérée dans le lavoir. « Ma mère y lavait son linge avec les femmes du village, avant l'arrivée de la machine à laver. »

Grâce à la symbiose entre une tradition familiale pour la taille du buis et la conscience collective du rôle social et communal de l'ensemble fontaine-abreuvoir-lavoir, les villageois, les randonneurs et les visiteurs peuvent admirer une œuvre d'art vernaculaire.

En dehors de la résistance au temps, cet article peut surprendre dans un site dédié à l'histoire de la Résistance et de la Déportation durant la Seconde Guerre mondiale. Mais le trop-plein de l'eau qui sort après le lavoir se déverse dans  le ruisseau de Broussette, qui devient le ruisseau de Cauturnes, en aval, lequel conflue avec l’Authre au lieu-dit La Barraque de Jussac. Rappelons que les Editions Authrefois font référence au fait que le siège de l'entreprise est situé près des rives de l'Authre, en aval du bourg d'Ytrac. C'est une partie commune de l'histoire de la vallée.     

Légende des photos : trois vues de cet ensemble exceptionnel fontaine-abreuvoir-lavoir. © Photos Manuel Rispal.

Manuel Rispal.

© Texte et photos Manuel Rispal. Mis en ligne le 12 août 2019.