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Quatre compagnons de la Libération encore vivants

12/04/2019
Quatre compagnons de la Libération encore vivants

Il reste quatre Compagnons de la Libération vivants, sur les 1038 nommés par décret par le général de Gaulle, depuis début janvier 1941 jusqu’au 23 janvier 1946.

Ces quatre compagnons vivants sont, par ordre de nomination :

Daniel Cordier (décret du 20 novembre 1944),

Hubert Germain (décret du 20 novembre 1944),

Edgard Tupët-Thomé (décret du 17 novembre 1945).

Pierre Simonet (décret du 27 décembre 1945).

Daniel Cordier, né le 10 août 1920 à Bordeaux, s’est engagé, le 28 juin 1940, dans la « légion de Gaulle », en Angleterre. Après avoir été formé au BCRA (Bureau central de renseignement et d’action), il organise le secrétariat de Jean Moulin à Lyon, à partir de l’été 1942.

Il a notamment écrit Alias Caracalla (Gallimard, 2009).

Hubert Germain est né le 6 août 1920 à Paris. Il a combattu pour la France libre au sein de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère, puis de la 1re division française libre, à Bir-Hakeim (alors en Libye italienne), à El-Alamein (Egypte), en Tunisie, en Italie. Il a participé au débarquement de Provence et à la libération de la France (Lyon, Vosges, Alsace). Il a été ministre des PTT et secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement.

Né le 19 avril 1920 à Bourg-la-Reine (alors en Seine), Edgard Tupët-Thomé est un des quatre premiers engagés militaires secrets au sein des Forces françaises libres (avec Stanislas Mangin, Roger Warin-Wybot et Maurice Andlauer). Lors de son premier voyage en Angleterre, il est intégré au sein des services secrets du BCRA. Envoyé en mission en France, il revient en Angleterre, le 29 mai 1942, dans le même Lysander que Philippe Roques (Compagnon de la Libération, 1910-1943), frère de mon ami Marcel Roques (voir Chouette, Noisette et Luzettes, page 28).

Né le 27 octobre 1921 à Hanoi (alors capitale de l’Indochine française), Pierre Simonet s’engage dans la France libre, en Angleterre, le 1er juillet 1940. Comme Hubert Germain, il a combattu à Bir-Hakeim (alors en Libye italienne), à El-Alamein (Egypte), en Tunisie, en Italie. Il a participé au débarquement de Provence et à la libération de la France (Belfort, Alsace).

148 Compagnons de la Libération ont été nommés en 1941, 70 en 1942, 96 en 1943, 193 en 1944, 460 en 1945 et 69 en 1946.

Ainsi, 314 sur 1036 avaient nommés au total à la date du 31 décembre 1943, soit 30,3 % du nombre final, et 507 fin 1944 (48,9 %).

Lorsque Daniel Cordier et Hubert Germain sont nommés, le 20 novembre 1944, 393 Compagnons l’avaient été avant eux (37,9 %). Dans cette promotion de 80 compagnons du 20 novembre 1944 se trouvent :

Laure Diebold (1915-1965), secrétaire de Jean Moulin auprès de Jean Moulin, avec Daniel Cordier.

Jean de Lattre de Tassigny (1889-1952), général, élevé à la dignité de maréchal à titre posthume. Au moment de sa nomination, il dirige la 1re Armée française depuis septembre 1944.

Jean Cavaillès (1903-1944), philosophe, co-fondateur de Libération-Sud à Clermont-Ferrand, beau-frère d’Alice Ferrières, première femme déclarée Juste parmi les Nations pour son action en France, à Murat (Cantal).

Romain Gary (1914-1980), aviateur et écrivain.

André Jamme (1917-1983), instructeur saboteur, agent du BCRA, parachuté aux Luzettes (terrain Chénier, limite Cantal-Lot), dans la nuit du 27 au 28 janvier 1944. Voir La Libération désirée tome 2 Massif central. Nous allons publier ses mémoires et l’enquête réalisée par son fils, Paul Jamme, dans les prochains mois.

Enfin, Louis Pélissier (1901-1944), chef du groupe franc du réseau Morhange – dirigé par le Puydômois Marcel Taillandier (1911-1944)–, arrêté avec deux compagnons par la police allemande alors qu’il venait du terrain des Luzettes (limite Cantal-Lot), fusillé à Saint-Céré (Lot), le 8 juin 1944.

© Manuel Rispal. Mis en ligne le 12 avril 2019.