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Après le décès d'Edgard Tupët-Thomé, il reste trois compagnons de la Libération encore vivants

12/04/2019
Après le décès d'Edgard Tupët-Thomé, il reste trois compagnons de la Libération encore vivants

Edgard Tupët-Thomé est décédé le mercredi 9 septembre 2020. Il avait 100 ans. Après son décès, il reste trois Compagnons de la Libération vivants, sur les 1038 nommés par décret par le général de Gaulle, depuis début janvier 1941 jusqu’au 23 janvier 1946.

Né le 19 avril 1920 à Bourg-la-Reine (alors en Seine), Edgard Tupët-Thomé était un des quatre premiers engagés militaires secrets au sein des Forces françaises libres (avec Stanislas Mangin, Roger Warin-Wybot et Maurice Andlauer). Lors de son premier voyage en Angleterre, il est intégré au sein des services secrets du BCRA. Envoyé en mission en France, il revient en Angleterre, le 29 mai 1942, dans le même Lysander que Philippe Roques (Compagnon de la Libération, 1910-1943), frère de mon ami Marcel Roques (voir Chouette, Noisette et Luzettes, page 28).

Edgard Tupët-Thomé a été élevé à la dignité de grand'croix dans l'ordre de la Légion d'honneur, par décret du président de la République française du 31 décembre 2019. Sa nomination comme Compagnon de la Libération date du décret du 17 novembre 1945.

Les trois compagnons vivants sont, par ordre de nomination :

Daniel Cordier (décret du 20 novembre 1944),

Hubert Germain (décret du 20 novembre 1944),

Pierre Simonet (décret du 27 décembre 1945).

Daniel Cordier, né le 10 août 1920 à Bordeaux, s’est engagé, le 28 juin 1940, dans la « légion de Gaulle », en Angleterre. Après avoir été formé au BCRA (Bureau central de renseignement et d’action), il organise le secrétariat de Jean Moulin à Lyon, à partir de l’été 1942.

Il a notamment écrit Alias Caracalla (Gallimard, 2009).

Daniel Cordier a été élevé à la dignité de grand'croix dans l'ordre de la Légion d'honneur, par décret du président de la République française du 30 décembre 2017.

Hubert Germain est né le 6 août 1920 à Paris. Il a combattu pour la France libre au sein de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère, puis de la 1re division française libre, à Bir-Hakeim (alors en Libye italienne), à El-Alamein (Egypte), en Tunisie, en Italie. Il a participé au débarquement de Provence et à la libération de la France (Lyon, Vosges, Alsace). Il a été ministre des PTT et secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement.

Hubert Germain a été élevé à la dignité de grand'croix dans l'ordre de la Légion d'honneur, par décret du président de la République française du 30 décembre 2017.

Né le 27 octobre 1921 à Hanoi (alors capitale de l’Indochine française), Pierre Simonet s’engage dans la France libre, en Angleterre, le 1er juillet 1940. Comme Hubert Germain, il a combattu à Bir-Hakeim (alors en Libye italienne), à El-Alamein (Egypte), en Tunisie, en Italie. Il a participé au débarquement de Provence et à la libération de la France (Belfort, Alsace).

Pierre Simonet a été élevé à la dignité de grand'croix dans l'ordre de la Légion d'honneur, par décret du président de la République française du 31 décembre 2019.

148 Compagnons de la Libération ont été nommés en 1941, 70 en 1942, 96 en 1943, 193 en 1944, 460 en 1945 et 69 en 1946.

Ainsi, 314 sur 1036 avaient été nommés au total à la date du 31 décembre 1943, soit 30,3 % du nombre final, et 507 fin 1944 (48,9 %).

Lorsque Daniel Cordier et Hubert Germain sont nommés, le 20 novembre 1944, 393 Compagnons l’avaient été avant eux (37,9 %). Dans cette promotion de 80 compagnons du 20 novembre 1944 se trouvent :

Laure Diebold (1915-1965), secrétaire de Jean Moulin auprès de Jean Moulin, avec Daniel Cordier.

Jean de Lattre de Tassigny (1889-1952), général, élevé à la dignité de maréchal à titre posthume. Au moment de sa nomination, il dirige la 1re Armée française depuis septembre 1944.

Jean Cavaillès (1903-1944), philosophe, co-fondateur de Libération-Sud à Clermont-Ferrand, beau-frère d’Alice Ferrières, première femme déclarée Juste parmi les Nations pour son action en France, à Murat (Cantal).

Romain Gary (1914-1980), aviateur et écrivain.

André Jamme (1917-1983), instructeur saboteur, agent du BCRA, parachuté aux Luzettes (terrain Chénier, limite Cantal-Lot), dans la nuit du 27 au 28 janvier 1944. Voir La Libération désirée tome 2 Massif central

Enfin, Louis Pélissier (1901-1944), chef du groupe franc du réseau Morhange – dirigé par le Puydômois Marcel Taillandier (1911-1944), arrêté avec deux compagnons par la police allemande alors qu’il venait du terrain des Luzettes (limite Cantal-Lot), fusillé à Saint-Céré (Lot), le 8 juin 1944.

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Le 18 juin 2020, c'était le 80e anniversaire de l'Appel du 18 juin 1940, lancé depuis Londres par le général Charles de Gaulle.

Afin de marquer cet anniversaire, le président de la Républiqye française, Emmanuel Macron, a rencontré, le 18 juin 2020, au musée de la Libération à Paris, Hubert Germain, 99 ans, un des quatre Compagnons de la Libération encore en vie. Il s'est ensuite rendu au Mont-Valérien, où ont été fusillés 1008 résistants et otages durant la Seconde Guerre mondiale. Parmi eux, l'étudiant Jean Rimbert, arrêté le 27 avril 1943 à Lezoux (Puy-de-Dôme) ; l'agriculteur Antoine Arbona, arrêté le 30 avril 1943 à Coudes (Puy-de-Dôme) ; l'ébéniste Marcel Béraud, chef des parachutages pour le Puy-de-Dôme, arrêté le 4 mai 1943 à Issoire (Puy-de-Dôme) ; Martial Brigouleix, professeur à l'école militaire préparatoire de Tulle, arrêté le 17 avril 1943, fait Compagnon de la Libération à titre posthume en octobre 1945.

Durant nos recherches sur cette période, nous avons rencontré deux Compagnons de la Libération : Henry Ingrand (1908-2003), le 24 juillet 2000, à son domicile d'Aix-en-Provence, et Robert Saunal (1920-2008), le 17 janvier 2007, à son domicile de Vanves.

Une date commémorative est passée inaperçue qui a pourtant une grande importance pour notre ami Daniel Bloch, 94 ans. Il nous a rappelé que, le 16 juin 1944, à Saint-Didier-de-Formans (Ain), son père, Marc Bloch, a été fusillé par les Allemands. Cet historien résistant,  célèbre dans le monde entier, a notamment écrit L'Etrange défaite, en 1940. Daniel Bloch est le dernier enfant encore en vie de Marc Bloch.

© Manuel Rispal. Mis en ligne le 12 avril 2019, modifié les 1er janvier 2020, 18 mars 2020, 18, 19 et 22 juin 2020, 6 juillet 2020 et 9 septembre 2020.